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La crypto est plus inclusive que la finance traditionnelle : pourtant, les femmes restent peu visibles. Pourquoi ?

20 février 2024

Temps de lecture 5 minutes

Canelle de Balasy

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Femmes & Web3 est une initiative par Coinhouse visant à mettre en avant les voix féminines qui font l’investissement et le web3. 

Dans cet article, retrouvez l’opinion de Tanja Miletic, fondatrice de la Veille de ma Réussite.
Entrepreneure passionnée, Tanja Miletic est spécialisée dans le domaine de la veille stratégique et a décidé de mettre ses compétences au service du grand public. Son projet “La Veille De Ma Réussite” vise à aider les femmes à booster leurs finances personnelles en vulgarisant les aspects les plus compliqués de la finance.  

 

La crypto est plus inclusive que la finance traditionnelle : pourtant, les femmes restent peu visibles. Pourquoi ?

Les chiffres concernant la présence des femmes dans l’univers crypto sont contrastés et révélateurs d’une réalité complexe.

Des chiffres mitigés

Une étude de BCG X de 2023, relayée dans le livre blanc « Femmes & Web3 » de Coinhouse et Women in Web3, montre que seulement 13% des équipes fondatrices dans le secteur incluent une femme, et 7% des entreprises ont été fondées par une femme. De façon plus alarmante, le nombre de start-up blockchain dirigées par des femmes a diminué de 45% depuis début 2022, d’après Bitget.

À l’opposé, dès 2019, Bitpanda, en partenariat avec GlobalWebIndex, révélait qu’un investisseur crypto sur cinq en Europe était une femme, tendance qui s’est accentuée en 2023 avec 37% d’investisseuses crypto, selon Triple-A. L’étude « Retail Investor Beat » de eToro en 2023 confirme cette évolution positive, notant une hausse de la participation féminine de 29% à 34% en un trimestre parmi leurs clients.

La crypto, plus inclusive que la finance traditionnelle ?

Le secteur de la crypto est plus inclusif, notamment parce qu’il constitue un terrain récent et encore en marge, offrant des opportunités aux populations traditionnellement marginalisées. À la différence du milieu financier, ancien et codifié, la crypto bouleverse les conventions, permettant à chacun, indépendamment de son genre, de s’y faire une place. Ce milieu est animé par un esprit militant, particulièrement chez les Bitcoiners, qui lutte contre les clichés, la régulation excessive et les attaques sur la vie privée sans se laisser distraire par des conflits internes.

À ce titre, il ne faut pas se laisser biaiser par certaines plateformes comme X (ex Twitter), toxiques par nature…

L’environnement de la crypto, lui, n’est pas fondamentalement toxique. Des domaines variés, qu’il s’agisse de crypto-monnaies, de politique ou de jeux vidéo, peuvent être mal représentés par des espaces comme les réseaux sociaux, où la négativité peut sembler prédominante. Il est crucial de ne pas réduire le monde du Web3 à ces échos négatifs. Participer à des événements en personne, tels que Surfin Bitcoin, qui se révèle extrêmement accueillants pour les débutants, est un moyen efficace de découvrir la réalité de cet univers. À ma grande surprise, j’y ai rencontré un nombre impressionnant de femmes spécialistes, y compris des développeuses Bitcoin Core, preuve que la diversité et l’expertise féminine sont bien présentes dans cet espace et que la parole leur est donnée si tant est qu’elles veulent la prendre.

Les freins spécifiques à l’inclusion des femmes

Malgré cet environnement propice, des obstacles demeurent, particulièrement pour les femmes. Ces dernières ont tendance à privilégier les investissements long terme et éthiques. Ce qui est une excellente chose ! Mais démêler le vrai du faux dans un environnement informationnel très manipulé où tout va très vite relève du parcours du combattant. En général, trois blocages freinent les femmes : la complexité perçue de la technologie, les préoccupations environnementales liées au minage, et l’aspect spéculatif de la crypto.

  • La complexité perçue de la technologie est, selon moi, l’argument de la flemme. La grande majorité des personnes utilisent quotidiennement l’email sans pour autant comprendre les mécanismes sous-jacents de son fonctionnement, comme les rôles spécifiques des protocoles POP3 ou IMAP dans la transmission des messages. Cette réalité souligne un point crucial : la maîtrise technique approfondie d’une technologie n’est pas une condition sine qua non pour son adoption et son utilisation courante. Dans le même esprit, l’argument selon lequel la complexité technologique des crypto-monnaies constitue une barrière insurmontable perd de sa force au fur et à mesure que l’adoption se généralise. Néanmoins, il est vrai qu’en l’absence d’adoption massive, il est nécessaire de comprendre la technologie afin d’imaginer comment elle va disrupter le monde.
  • Concernant les préoccupations environnementales, il est essentiel de mettre en lumière des données récentes qui révèlent une réalité souvent méconnue : une part significative du minage de Bitcoin s’appuie désormais sur des sources d’énergie renouvelable. Cette observation peut sembler paradoxale étant donné que le minage de Bitcoin est intrinsèquement gourmand en électricité. Cependant, une compréhension approfondie du fonctionnement de Bitcoin révèle que, loin de s’opposer aux initiatives de développement durable, il peut en réalité les soutenir et les promouvoir. Cette perspective contre-intuitive souligne l’importance cruciale de l’éducation pour dépasser les idées reçues et les informations erronées qui circulent, permettant ainsi de reconnaître le potentiel de Bitcoin comme allié dans les projets de transition énergétique.
  • Sur l’aspect spéculatif, il est important de rappeler que c’est un élément typique de toute innovation technologique. Il y a des tas de startups dans lesquelles les gens ont investi qui tombent à 0… Curieusement, cela semble accepté comme une partie normale du jeu dans d’autres domaines, mais quand il s’agit de crypto, les critiques se font plus vives. Et par ailleurs, là aussi, plus l’adoption avance, plus la spéculation s’estompera.

Les débats sur la spéculation et l’impact énergétique de la crypto ont tendance à refléter une perspective assez privilégiée, typique des sociétés occidentales. C’est un peu brut de le dire ainsi, mais regardons au-delà de nos frontières pour voir le vrai potentiel de Bitcoin.

  • En Afghanistan, par exemple, Bitcoin offre une échappatoire vitale aux femmes, leur permettant de contourner les restrictions imposées par la sharia et les Talibans.
  • Au Salvador, il change la donne pour de nombreuses familles, qui peuvent enfin échapper aux frais exorbitants prélevés par les services traditionnels de transfert d’argent.
  • Et en RDC, l’existence même du parc naturel du Virunga est préservée grâce à une installation de minage de Bitcoin, illustrant un cas où la technologie soutient directement des efforts environnementaux.

Dans de nombreux pays où il y a une urgence économique manifeste, Bitcoin répond présent, loin des débats stériles et surtout élitistes sur son impact environnemental.

L’éducation des femmes : un enjeu d’adoption mais aussi d’émancipation

Dans ce contexte de contrastes et de défis, l’urgence pour les femmes de s’engager pleinement dans la révolution crypto prend une dimension particulière. Les obstacles rencontrés – qu’ils soient technologiques, environnementaux, ou liés à la volatilité du marché – ne font que souligner l’importance capitale de démystifier cet univers pour un public plus large, et en particulier pour les femmes.

Ces défis ne sont pas insurmontables, mais ils requièrent une approche dédiée à l’éducation et à la sensibilisation. Il est essentiel de comprendre que l’impact de la crypto-monnaie va bien au-delà des simples transactions financières. En tant que pilier des familles et actrices clés de l’éducation à travers le monde, les femmes ont un rôle inestimable à jouer dans la diffusion de cette connaissance. Leur participation active n’est pas seulement bénéfique pour elles-mêmes ; elle est cruciale pour le futur de la finance et pour la société dans son ensemble.

L’éducation financière, spécifiquement dans le domaine de la crypto-monnaie et de la blockchain, est donc un levier d’émancipation et d’adoption. En levant les barrières de compréhension, nous pouvons ouvrir de nouvelles voies d’accès aux opportunités économiques, tout en posant les bases d’une société plus équitable et inclusive. Le monde de la finance, en pleine mutation grâce à la technologie blockchain, ne peut atteindre son plein potentiel qu’en intégrant pleinement la moitié de la population mondiale dans son évolution.

Dans ce contexte, il est urgent que les femmes s’emparent de la révolution crypto. Le monde de la finance en dépend !

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