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Le wBTC, cet actif qui représente un bitcoin sur la blockchain Ethereum, était très attendu et son développement a été suivi de près par la communauté au cours des derniers mois. De quoi réconcilier ces deux blockchains dont les communautés ne sont pas forcément les meilleures amies du monde ? Ou une fumisterie de quelques développeurs Ethereum ?
Le wBTC pour “Wrapped Bitcoin” est un token ERC-20 dont la méthode de génération est proche des cryptoactifs centralisés comme le Tether (USDT) dont le fonctionnement consiste à émettre 1 USDT en conservant 1 USD sur un compte en banque “audité”.
Pour wBTC, un BTC est transféré sur un compte spécial dont la gestion est confiée à des acteurs reconnus et identifiés et un wBTC correspondant est émis sur la blockchain Ethereum.
Ce même wBTC sur la blockchain Ethereum peut être détruit afin de libérer le BTC correspondant sur la blockchain Bitcoin.
Posséder du wBTC revient à posséder un actif représentant un bitcoin et bénéficiant d’une pleine compatibilité avec l’écosystème Ethereum.
Le wBTC passe donc entre les mains de tiers de confiance identifiés et les réserves disponibles peuvent être auditées à la fois sur la blockchain Bitcoin et Ethereum. Celles-ci sont conservées, pour le Bitcoin, dans des comptes multisignatures partagés entre des entités séparées , et dans une DAO côté Ethereum.
Malgré ces gardes-fou, on ne peut pas librement créer du wBTC, il faudra toujours passer par un de ces intermédiaires pour le faire,
Il est très simple d’échanger librement des wBTC contre des ERC-20 et inversement sur des échanges décentralisés, notamment. Par contre, pour échanger des wBTC contre du Bitcoin, il faudra s’identifier via des processus KYC/AML auprès d’un site, une solution loin d’être naturelle et à des lieues des idéaux de décentralisation portés par la communauté Blockchain.
La communauté Bitcoin, par nature plutôt hostile à tout ce qui sort de l’orthodoxie, a fustigé l’initiative en mettant en avant les points de centralisation du projet et la différence de niveaux de sécurité entre les deux blockchains.
Le wBTC peut alors être considéré comme un ersatz de Bitcoin, avec une problématique de volume, puisqu’il n’en existe actuellement que 75 unités, est un actif bien moins liquide que le Bitcoin, et à ce jour ne peut pas s’échanger contre des monnaies fiduciaires faute de présence sur les places de marché.
Sur le long terme, en tant que produit dérivé, un wBTC ne peut en théorie pas posséder la même valorisation que le Bitcoin et est condamné à avoir une différence de valorisation avec l’actif qui est son sous-jacent; il n’est au mieux qu’un “bon d’échange” pour des bitcoins.
On retrouve donc une grande partie des reproches faits au Tether: un bon d’échange pour un produit n’est pas la même chose que le produit en lui même. Un produit dérivé comporte des risques relatifs à la confiance nécessaire en un certain nombre d’acteurs pour que le système puisse fonctionner.
Malgré de bonnes intentions, ce projet nécessite une dose de confiance dans un ou plusieurs acteurs centralisés. La communauté Bitcoin met souvent en avant l’acronyme “YDNABFT” pour “You don’t need a blockchain for that”, c’est-à-dire que seuls les projets totalement décentralisés nécessitent une blockchain pour fonctionner.
La communauté Ethereum parie qu’il ne faudra que quelques mois pour que le nombre de wBTC sur Ethereum dépasse le nombre de bitcoins sur le réseau secondaire standard, le Lightning Network. Avec 75 unités contre 655 sur LN, plus de 10% de l’objectif est déjà réalisé en quelques.
Une réconciliation semble difficile à envisager, la communauté Bitcoin favorisant la sécurité et la simplicité face aux férus de l’innovation d’Ethereum, philosophiquement plus disposés à prendre des risques et à assouplir les principes portés par la Blockchain.
Le wBTC est une solution des “singles points of failure” de par sa centralisation partielle et ne bénéficiera de ce fait donc jamais d’un soutien de la communauté Bitcoin, soucieuse de la préservation de ses principes fondamentaux.
Il existe une solution techniquement possible qui pourrait satisfaire tout le monde et qui est souhaitée depuis des années par la communauté Ethereum : mettre en place une solution décentralisée pour séquestrer automatiquement des bitcoins sur la blockchain Bitcoin. Cette action pourrait être observée par un smart-contrat Ethereum qui se chargerait alors de générer un wBTC correspondant sans tiers de confiance.
On parle alors dans ce cas de “Bridge”. Une telle expérimentation a réussi il a quelques mois avec la blockchain Dogecoin sur des réseaux de test, et Ethereum a déjà plusieurs “Bridge” avec d’autres blockchains, la plus connue étant POA network.
La balle est donc dans le camp des développeurs Bitcoin. Le succès potentiel de l’actuel wBTC dans un scénario où la masse monétaire de l’actif augmenterait significativement pourrait motiver la communauté Bitcoin à implémenter des modifications au protocole pour assurer la sécurité d’une telle fonctionnalité en préservant le principe de décentralisation.
On pourrait réconcilier les deux communautés et laisser le libre choix de disposer de ses bitcoins sur le réseau Bitcoin ou Ethereum.
Si cet avenir peut sembler radieux, la probabilité que cela se réalise est proche du néant. La communauté de développement Bitcoin considère avec un certain mépris qu’elle n’a pas à s’abaisser à favoriser des expérimentations sur d’autres blockchains. wBTC restera donc à moyen terme un actif centralisé, manquant l’occasion de réunifier ces technologies et les communautés qui les supportent.
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