Analyses économiques

Où investir dans un monde aux taux d’intérêt négatifs ?

Julien Moretto – 23 Sep 2019

Dans une période de stagnation économique à la croissance anémique, les banques centrales comme la BCE ou la FED ont deux outils principaux à leur disposition: baisser les taux d’intérêt, et si cela ne suffit pas, racheter des actifs sur les marchés avec de l’argent nouvellement créé. 

La baisse des taux d’intérêt entraîne une diminution de l’attractivité des véhicules d’épargne tels que le Livret A et les fonds euro, entraînant les investisseurs vers des actifs plus ou moins risqués pour protéger leur patrimoine. 

Nous explorons dans cet article les premières conséquences d’une telle politique monétaire accommodante par les banques centrales, ainsi que les différentes options qui s’offrent aux particuliers pour protéger et faire fructifier leur patrimoine dans un tel contexte.

A quoi servent les taux directeurs des banques centrales ?

Le taux d’intérêt de base, dit taux d’intérêt directeur d’une banque centrale, peut se comprendre comme le coût pour emprunter de l’argent. Plus il est élevé, plus les emprunteurs devront rembourser des intérêts sur leurs prêts, et plus les prêteurs recevront des bénéfices sur leur épargne.

Une banque centrale décide du taux d’intérêt auquel elle prête de l’argent aux banques commerciales. Ces mêmes banques commerciales prêtent ensuite de l’argent aux consommateurs et aux entreprises sous la forme de prêts contre le paiement d’intérêts.  La différence entre le taux d’intérêt auquel la banque prête et le taux d’intérêt auquel elle se finance se nomme la marge d’intérêt nette, et représente plus ou moins 50% des revenus des banques aujourd’hui.

Quel est l’effet de l’évolution du taux d’intérêt ?

En théorie, plus le taux d’intérêt directeur est bas, plus il est facile pour une entreprise d’obtenir un prêt auprès d’une banque pour financer son développement. En même temps, l’épargne devient moins attractive et les ménages auront donc tendance à davantage dépenser leurs économies. La banque centrale espère ainsi relancer à la fois la production et la consommation, et à terme la croissance et l’inflation.

En zone euro, le taux d’intérêt directeur de la banque centrale européenne (BCE) est à 0 depuis 2016. Cette politique des taux bas n’est pas prête de s’arrêter selon Mario Draghi, le patron de la BCE, qui a récemment annoncé son maintien jusqu’au premier semestre 2020 au moins. 

Malgré ce taux historiquement bas, l’inflation peine depuis maintenant des années en Europe à atteindre le seuil des 2% par an préconisé par la BCE. Pour les Etats-Unis, il est à 1,7%.

La question qui se pose est alors la suivante : quels sont les autres moyens pour relancer la consommation, les investissements et donc l’inflation ? 

Comment aller plus bas que 0% ? Il suffit de continuer à baisser !


Un changement de paradigme prend actuellement place sur les marchés : la Jyske Bank au Danemark propose désormais un crédit sur dix ans à − 0,5%. Si un client emprunte 100 000 €, il n’aura théoriquement que 99 500 € à rembourser. 

En France, ce n’est pas encore le cas. Par ailleurs, la législation précise, par l’article 1902 du Code civil, que « l’emprunteur est tenu de rendre les choses prêtées, en même quantité et qualité, et au terme convenu ». Ce texte de loi empêche donc heureusement l’emprunteur particulier français de se voir proposer des taux d’intérêts négatifs. 

Il n’en demeure pas moins que les banques françaises prêtent actuellement à des taux jamais vus, notamment pour des crédits immobiliers. Si le taux d’intérêt est inférieur à l’inflation, le taux d’intérêt réel est donc d’ores et déjà négatif.

A l’avenir, les banques pourraient encore plus inciter à emprunter avec non seulement des taux d’intérêt négatifs sur les crédits, mais en contrepartie des taux d’intérêt positifs sur les dépôts.

Des injections de liquidités qui fragilisent les monnaies étatiques

La créativité de la BCE a été mise à rude épreuve par d’autres mesures inaugurées récemment ayant pour but de stimuler l’économie et de relancer l’inflation, mais qui pourraient avoir des conséquences à long terme pour la valeur des monnaies étatiques.

La mesure phare est le Quantitative Easing (ou assouplissement quantitatif en français) qui consiste en un rachat massif de titres de dettes aux acteurs financiers, comme par exemple des bons du trésor ou des obligations d’entreprises. 

A travers ce programme non conventionnel, les banques centrales rachètent les créances dont les acteurs financiers comme les banques commerciales ne veulent pas, souvent des produits de mauvaise qualité. Avec quel argent ? Elles le créent, tout simplement, par un jeu d’écriture, ce qui accroît la quantité de monnaie en circulation. Ainsi, de mars 2015 à décembre 2018, la BCE a acheté ces titres tous les mois sur les marchés financiers pour un total de 2 600 milliards d’euros

Début septembre 2019, la BCE relance son programme d’assouplissement quantitatif à hauteur de 20 milliards d’euros par mois. 

Quelle est la conséquence de l’augmentation de la masse monétaire ?

L’augmentation de la masse monétaire en circulation aura nécessairement pour conséquence de diminuer la valeur de l’euro. A titre de comparaison, ce graphique montre l’évolution du pouvoir d’achat d’un dollar émis en 1913 (création de la FED):


Comment placer son argent dans ce contexte de fragilité évidente ?


Rien ne laisse présager que les politiques monétaires deviendront moins décourageantes pour les épargnants, au moins à court terme. Alors quelle alternative existe-t-il pour préserver son pouvoir d’achat ?

  1. L’immobilier est très souvent l’option privilégiée par les Français. L’investissement dans “la pierre” étant jugé comme sûr. Dans un contexte de taux d’intérêt faibles, inférieurs à l’inflation, acquérir un bien en utilisant “l’argent de la banque” semble attractif. Une conséquence directe de cette politique monétaire est la hausse des prix du marché immobilier presque partout dans le monde. Mais le marché immobilier mondial n’est déjà pas exempt de signes d’essoufflements notamment dans les grandes agglomérations telles que Londres, Sydney ou Auckland.

  2. Les marchés actions et obligations restent des placements performants qui bénéficient indirectement des politiques d’assouplissement quantitatif. Mais ils nécessitent une connaissance financière non négligeable dans un univers aux codes bien particuliers. Ces investissements présentent des risques et les produits packagés proposés par les divers établissements du secteur sont loin d’être les plus performants.

  3. Enfin, sur fond d’instabilité économique, les actifs ‘’refuge’’ comme l’or et l’argent se portent bien. Depuis le 1er octobre 2018, l’or est passé de 1200 dollars à 1525 dollars par once. L’argent passe sur la même période de 14,2 à 18,6 dollars par once. Ces actifs existent depuis la nuit des temps et ils bénéficient d’un consensus global et historique sur leur statut de réserve de valeur qui découle notamment de leur rareté intrinsèque.


Qu’en est-il de Bitcoin et des cryptoactifs ?

En période d’incertitude et de faiblesse économique, les ‘’réserves de valeur’’ comme les métaux précieux performent particulièrement bien.

La thèse d’investissement pour Bitcoin est donc double. Il s’agit d’une réserve de valeur encore méconnue. Il est donc aujourd’hui possible de capitaliser non seulement sur ces caractéristiques intrinsèques qui en font une excellente réserve de valeur, mais aussi sur l’incompréhension actuelle du monde traditionnel qui peine à comprendre Bitcoin: signe que l’actif est probablement sous valorisé à date actuelle. 

Son mécanisme d’émission monétaire n’est contrôlé par aucune entité et par aucun individu. Tout est programmé à l’avance dans son protocole, à l’inverse des monnaies fiduciaires dont l’émission est contrôlée par des acteurs centraux et les banques. 

Nous pensons donc que Bitcoin a de fortes chances de prendre une place de plus en plus importante sur le marché des actifs ‘’réserves de valeur’’ dans un premier temps.

Alors que l’exercice s’avère déjà compliqué avec Bitcoin, encore plus malin est celui qui saura évaluer correctement une capitalisation pour les autres cryptoactifs, souvent catégorisés sous l’appellation “Altcoins”. 

Chez Coinhouse, notre équipe Analyse & Recherche effectue une veille permanente sur ces nouveaux actifs afin d’avoir une vision du marché la plus réaliste possible et d’aiguiller nos clients dans leurs investissement en cryptoactifs. Avec notre offre Premium, nos clients ont à leur côté un conseiller spécialiste en cryptomonnaie qui les guide lors de leurs premiers investissements et les aide à prendre des décisions en fonction de leur profil.

Dans ce monde aux taux d’intérêts négatifs, la finance semble avoir perdu le contrôle des mécanismes qu’elle a élaborés. Il convient pour l’investisseur de ne pas se laisser tenter par l’emprunt facile et la sur-consommation. Dans le même temps, il devra dénicher les actifs qui présentent les meilleurs rapports rentabilité / risque. Nous pensons que le Bitcoin figure aujourd’hui dans le peloton de tête de ces actifs performants.

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