Analyses économiques

Or ou Bitcoin, quel actif choisir ?

Julien Moretto – 10 Oct 2019

Relance de l’assouplissement quantitatif par la BCE et la FED, que certains comparent à la planche à billets, Brexit, guerre commerciale Chine-USA… L’actualité macro-économique peut provoquer des inquiétudes chez l’investisseur long-terme. Comment préserver son épargne, en particulier dans un monde où les taux d’intérêts négatifs sont en passe de se normaliser ? Le Bitcoin peut-il gagner en intérêt dans ce contexte ?

Nous l’observons depuis peu : les taux d’intérêts négatifs provoquent des difficultés notamment dans les établissements bancaires, et certains produits d’épargne classiques ne rapportent plus rien du tout. Dans le scénario d’une crise sérieuse à venir, quels actifs sont véritablement perçus comme ‘’refuge’’ ?

Lorsque la situation économique se dégrade, le marché des commodités représente traditionnellement une valeur refuge. Celui-ci a la réputation d’être moins affecté lors des périodes de récessions, voire de performer alors que les marchés actions et obligations sont baissiers.

L’or, la valeur refuge historique

L’or est l’actif refuge par excellence de par ses propriétés physiques : il ne rouille pas et ne se détériore pas, même enterré. Métal mou et lourd, il est très peu utile pour l’industrie, sauf récemment dans le domaine de l’électronique. Et bien entendu, sa valeur dépend principalement de sa rareté.

La comparaison avec le Bitcoin

On compare très souvent le Bitcoin à l’or. On a même parlé d’or numérique. De même que pour l’or, les bitcoins ne s’altèrent pas. Aucun état ni aucune entreprise ne peut en altérer la valeur, décider d’en créer ex nihilo, ou empêcher leur transfert d’une personne à une autre, pour quelque raison que ce soit.

Le nombre de bitcoins est limité de manière intrinsèque par le protocole à 21 millions. D’ailleurs, la question de savoir si l’on pourrait modifier ce chiffre revient assez fréquemment. Oui, c’est possible, mais cela nécessiterait un consensus de l’ensemble de la communauté Bitcoin, ce qui n’arrivera a priori jamais tant beaucoup de ses membres considèrent cette limite comme essentielle pour garantir la valeur du Bitcoin.

Nombreux sont donc ceux qui soutiennent le Bitcoin comme concurrent potentiel à l’or, sinon en tant qu’actif refuge, au moins en tant que réserve de valeur

Les limites de l’or physique

L’or physique s’acquiert la plupart du temps via un réseau de numismates, des commerçants spécialiste de la monnaie et des alliages, agissant comme des “brokers” et appliquant un “spread” sur l’achat et la vente. Un investisseur achète donc toujours au-dessus du prix du marché et revend toujours en-dessous du prix du marché. L’or étant un marché relativement stable, il faut parfois s’armer de patience et attendre un marché particulièrement haussier pour espérer le moindre profit.

Évolution du cours de l’or en dollars US depuis 1975

Une fois l’or acquis, il faut protéger cet actif qui, par définition, appartient à son porteur. S’il existe une certaine traçabilité des pièces et lingots d’or, une personne qui vole de l’or physique peut sans trop de difficulté le revendre aux dépens de son propriétaire légitime.  

C’est pourquoi posséder de l’or entraîne des coûts supplémentaires de sécurisation, tel un coffre-fort ou une assurance, qui impacteront forcément la performance de l’investissement.

Il faut être également conscient que, bien que ce soit le marché du métal qui donne sa valeur à l’or, l’or sous ses différentes formes n’est pas un actif parfaitement “fongible”.

Les pièces d’or possèdent ce qu’on appelle une prime, qui représente leur valeur en tant qu’objet de collection. Dans une optique d’investissement, cette prime ne représente qu’un frein, alors qu’elle peut représenter jusqu’à 5% du prix d’une pièce d’or, et évolue bien entendu dans le temps en fonction du marché.

L’or sous ses différentes formes n’est pas un actif parfaitement “fongible”

La revente des actifs, si elle n’est pas faite auprès de la même entreprise qui les a vendus, peut également poser problème et nécessiter une expertise. Et surtout, à moins de vivre à proximité d’un numismate, il peut être difficile de réagir rapidement à des évolutions du marché à l’achat ou à la vente.

Enfin, si pour l’instant l’or demeure une ressource rare, certaines entreprises échafaudent déjà des plans pour des opérations de minage d’astéroïdes dont certains pourraient contenir des quantités colossales d’or. Leur arrivée sur le marché aurait forcément un impact à la baisse probablement important.

L’or papier peut-il pallier à ces limitations ?

L’or dit “papier” ou plus précisément les trackers ETF sont des produits financiers répliquant la valorisation de l’or, et pouvant apparaître comme une alternative pour lever les problématiques qui ont été soulignées. En particulier, il sera simple de se procurer facilement des ETFs notamment sur Internet et de les échanger rapidement et sans friction.

Bien entendu, les fonds administrant ces produits facturent des frais de gestion à l’achat qui impactent la performance de l’investissement, ne serait-ce que pour assurer la conservation en lieu sûr du sous-jacent physique correspondant aux ETFs en circulation.

Mais le secret le moins bien gardé de l’industrie est que même si en principe chaque titre “d’or-papier” représente une quantité d’or physique en sous-jacent, la réalité est qu’il existe bien plus de titres “d’or papier” que d’or physique grâce à l’ingénierie financière. Un constat qui mérite réflexion.

Il existe bien plus de titres “d’or papier” que d’or physique

Le bitcoin, un coffre-fort dans la poche

Premièrement, il faut garder à l’esprit que le Bitcoin est actif encore jeune qui n’existe que depuis 2009. En revanche, ses performances depuis lors sont incontestables et pulvérisent celles de l’or et de n’importe quel autre actif sur cette période. Depuis ses toutes premières cotations en 2010, le cours du Bitcoin est passé de quelques centimes de dollar aux environs de 8000 dollars en octobre 2019, soit une augmentation qui se compte en centaines de milliers de pourcents ! 

Évolution du cours du Bitcoin en dollars US depuis 2010

Nous l’avons vu, le Bitcoin possède les propriétés de réserve de valeur intrinsèques de l’or. S’il est vrai que la volatilité de son cours est encore élevée, elle tend à se réduire au fil des années. Jusqu’à aujourd’hui, aucun investisseur ayant acheté du Bitcoin et l’ayant conservé au moins deux ans n’a vu la valeur de son investissement diminuer. C’est bien le minimum qu’on peut attendre d’un actif réserve de valeur.

Le Bitcoin est numérique : il ne nécessite aucun espace physique de stockage et des produits tels que le Ledger Nano X sont configurables en quelques minutes. De la taille d’une clé USB, bénéficiant d’un système de sauvegarde inaltérable et de la sécurité des dernières technologies, ils permettent de conserver et transporter ses bitcoins sans limitation.

Le Bitcoin s’acquiert dans un réseau large de place de marchés spécialisées pour les “traders”, jusqu’aux brokers tels que Coinhouse qui peuvent vous accompagner pas à pas dans votre stratégie d’investissement, puisque chaque bitcoin est parfaitement fongible et divisible.

Nous pensons que le Bitcoin peut devenir la réserve de valeur de l’ère Internet : il présente toutes les garanties de sécurité qu’apporte traditionnellement l’or sans en avoir les désavantages. Dans une optique de diversification de patrimoine et de protection de ses avoirs contre l’instabilité économique et géopolitique, il apparaît aujourd’hui comme un choix raisonné.

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