Qu’est-ce que
l’Ethereum ?

Ethereum est la deuxième blockchain publique en termes de valorisation, et la première en termes d’usage. Tout comme Bitcoin, Ethereum fonctionne sur ce que l’on appelle une blockchain publique : un réseau mondial distribué, non censurable, ouvert à tous et sans aucune autorité centrale.

La différence fondamentale avec Bitcoin est la possibilité de créer des applications sur Ethereum, qui fonctionnent et sont stockées sur la blockchain elle-même, à l’origine notamment de la finance décentralisée (DeFi).

Sommaire.

1. La naissance d’Ethereum.

Vitalik Buterin Ethereum

Ethereum a été présenté en 2013 sous la forme d’un document, le ‘’White Paper’’, proposant une évolution du protocole Bitcoin. Il a été rédigé par Vitalik Buterin, jeune programmeur faisant partie des équipes Bitcoin et co-fondateur de Bitcoin Magazine. Rapidement, le concept suscite l’intérêt d’autres adeptes des cryptomonnaies à l’époque, qui se joignent au projet. Pour en citer quelques-uns : Anthony Di Iorio, Charles Hoskinson, Joseph Lubin ou encore Gavin Wood. Ces personnes sont désormais considérées comme les co-fondateurs d’Ethereum. L’équipe de développement de Bitcoin n’adopte pas la proposition, et les fondateurs décident donc de créer leur propre blockchain.

Pour concrétiser son projet, Vitalik Buterin s’engage dans une campagne de financement participatif. Une levée de fonds en Bitcoin a lieu à compter du 2 septembre 2014 afin de financer les développements nécessaires au lancement du réseau. Il parvient à lever 18,3 millions de dollars. Séduits par les objectifs du projet, des programmeurs s’impliquent et la première version d’Ethereum sort en 2015 sous le nom de ‘’Frontier’’.

2. Ne pas confondre le réseau Ethereum
et son actif natif : l’ether (ETH).

L'Ether l'actif natif d'Ethereum

Source : ethereum.org @Liam Cobb

C’est l’ether, représenté par le symbole ETH, qui sert de monnaie d’échange sur le réseau Ethereum. Les ethers s’échangent sur les places de marché et le prix est fixé par l’offre et la demande.

L’ether présente plusieurs caractéristiques spécifiques. Si vous ne deviez en retenir qu’une : son émission monétaire annuelle est fixe et relativement faible.

C’est-à-dire que très peu de nouveaux ethers sont créés chaque année. Il s’agit donc d’un actif rare, mais contrairement au Bitcoin avec ses 21 millions d’unités, il n’y a pas de limite absolue maximale.
Investir dans l’ether, c’est donc miser sur le développement de l’écosystème Ethereum, qui est déjà la deuxième capitalisation du marché, et à l’origine de la création de nombreux projets et applications construites sur son réseau.

3. Ethereum et la notion fondamentale des
‘’smart contracts’’.

La différence fondamentale entre Ethereum et Bitcoin est qu’Ethereum peut exécuter des transactions dites ‘’conditionnelles’’. Par exemple, il est possible de créer une transaction de paiement qui ne sera exécutée que si une autre transaction a bien eu lieu, ou si le prix d’un actif a dépassé un certain seuil.

Ces mécanismes de transactions conditionnelles sont habituellement regroupés sous le terme de ‘’smart contracts’’.

Smart Contracts

4. À quoi servent les ‘’smart contracts’’ et comment fonctionnent-ils ?

Comment fonctionnent les Smart Contracts

La traduction littérale depuis l’anglais, qui donne le terme ‘’contrats intelligents’’, n’est pas la plus adaptée pour bien comprendre de quoi il s’agit. Ces ‘’smart contracts’’ sont des programmes qui visent à automatiser une ou plusieurs actions lorsque des conditions pré-requises, définies par le créateur du programme, sont remplies.

Par exemple, on peut considérer un système d’enchères. On pourra créer un smart contract qui recevra les enchères pour un objet particulier à vendre, sera capable de déterminer l’enchère la plus importante, renverra les enchères inférieures à la fin d’une période déterminée, et ainsi de suite.

On peut bien entendu créer ce genre de programme sur un ordinateur classique, à travers un site web par exemple comme eBay. Cependant, les smart contracts ont un certain nombre de caractéristiques avantageuses :

  • Ils sont autonomes : inutile de les héberger sur un ordinateur, ils sont stockés directement sur la blockchain elle-même.
  • Ils peuvent stocker des fonds en ether, mais aussi n’importe quel type de données.
  • Ils sont immuables, ne peuvent pas être piratés et sont disponibles 24h/24.
  • Ils sont transparents : n’importe qui peut vérifier leur fonctionnement.
  • Ils sont interopérables : n’importe quel smart contract peut facilement interagir avec n’importe quel autre.

Mais les smart contracts ont aussi un certain nombre d’inconvénients :

  • Comme tout logiciel, ils peuvent avoir des bugs, que des attaquants peuvent exploiter.
  • Une fois stockés sur la blockchain, il est impossible de les modifier.
  • Toute interaction avec un smart contract nécessite de payer une commission, ce qui sur le long terme peut être très coûteux.

5. Comprendre la notion de ‘’Gas’’ : le carburant
du réseau Ethereum

Sur le réseau Bitcoin, le coût d’une transaction dépend de deux facteurs : la saturation du réseau à un moment donné, et la taille en nombre de caractères de la transaction.
Sur Ethereum, le coût de chaque transaction dépend aussi de la saturation du réseau, mais introduit un nouveau facteur : la complexité informatique nécessaire à l’exécution de la transaction. Une transaction simple d’envoi d’ethers d’un utilisateur à un autre aura un faible coût. Un appel à un smart contract qui déclenche des calculs complexes aura un coût important.

Ce coût, qu’on appelle le gas (essence en anglais, pour faire une analogie avec le fonctionnement d’une machine), doit être payé par l’émetteur de chaque transaction, en ethers.
Il faut garder à l’esprit que chaque appel vers chaque smart contract est recalculé sur chaque machine qui compose la blockchain Ethereum, donc a un impact sur l’ensemble du réseau. Il n’est donc pas imaginable de faire des calculs intensifs de jeux vidéos ou d’intelligence artificielle sur Ethereum, du moins pas avant quelques années.

6. Ethereum : comprendre la tokenisation.

Les possibilités offertes aux développeurs par le réseau Ethereum sont vastes. Tout le monde peut développer des applications sur Ethereum. Seul pré-requis : savoir coder en ‘’Solidity’’, le langage de programmation du réseau.

L’une des premières fonctions qui a été utilisée est la ‘’tokenisation’’, c’est-à-dire la création de nouvelles cryptomonnaies. Elles sont appelées des ‘’tokens’’, que l’on peut traduire par ‘’jetons numériques’’, émises grâce à la blockchain Ethereum et hébergées sur celle-ci. Les tokens peuvent être détenus, quantifiés et échangés numériquement entre deux personnes.

Ethereum et la Tokenisation

Source : ethereum.org @Viktor Hachmang

Avant le développement d’Ethereum, créer un nouveau cryptoactif était extrêmement compliqué : il fallait créer une blockchain, un réseau de minage, des portefeuilles, une gestion économique du système, et surtout réussir à créer de la demande et de l’adoption.
Avec Ethereum, créer un nouveau cryptoactif revient à générer un smart contract et à le publier, ce qui peut prendre à peine quelques minutes.

Instantanément, le nouvel actif est échangeable, sécurisé par le réseau, interopérable avec l’ensemble de l’écosystème Ethereum. Les créateurs se simplifient la vie et utilisent plus ou moins gratuitement l’infrastructure existante.

L’importance du type de token ERC-20


Créer un nouveau token sur la blockchain Ethereum se fait en respectant certains ‘’standards’’ imposés par le réseau. Le plus populaire de ces standards est appelé ‘’ERC20’’. Chaque token ERC20 est géré par un smart contract qui présente une liste de fonctions minimales : comment créer de nouvelles unités, les diviser en fractions, les détruire, les transférer vers un autre portefeuille, etc.

Il existe plusieurs standards de tokens. Nous y revenons plus en détails dans cet article. Si beaucoup de tokens ne représentent que leur propre valeur, certains peuvent aujourd’hui représenter des produits de la finance traditionnelle ou encore des objets du monde réel.

7. Retour sur 2017 et la folie des ICOs

Les tokens dont nous avons parlé sont liés au déploiement d’un nouveau service ou d’une application au sein de la blockchain Ethereum.

Le token en question peut avoir une utilité en tant que monnaie d’échange, mais peut aussi représenter une part dans un projet semblable à une action. Dans ce dernier cas, elle peut même donner droit à de la prise de décision sous la forme d’un vote.

Qu’est-ce qu’une ICO – Initial Coin Offering ?

L’utilité première des tokens a été de lancer des levées de fonds pour divers projets : c’est ce que l’on appelle en anglais une ICO, pour Initial Coin Offering. Il s’agit du pendant d’une introduction en Bourse dans le monde de la cryptomonnaie.
Grâce aux smart contracts d’Ethereum, quasiment tous les projets de cryptomonnaie qui cherchaient à se financer en 2017 ont effectué une ICO, en fixant des conditions précises comme par exemple le montant minimum de fonds à lever, le montant maximum de fonds pouvant être collectés, etc. Une fois le processus terminé, les tokens étaient envoyés aux investisseurs.

Exemple : Augur, une plateforme de marchés prédictifs, est le premier projet conçu sur la blockchain Ethereum à lever des fonds via une ICO, en 2015. Cela leur a permis de lever 5 millions de dollars en ethers en vendant chacun de leur token au prix de 0,6 dollar.
Cette mode des ICOs est aujourd’hui largement retombée, un certain nombre de projets n’ayant pas tenu leurs promesses initiales.

Initial Coin Offering

8. Les applications décentralisées et leur premier usage : la finance décentralisée (DeFi)

Interagir avec un smart contract est relativement compliqué, dans la mesure où il faut écrire du code informatique pour le faire. Mais si l’on crée une interface web pour intéragir avec les services qu’il offre, tout un chacun peut désormais y avoir accès. C’est le concept de ‘’dapp’’, pour decentralized application (application décentralisée).

L’un des cas d’usage qui émergent à vitesse grand V sont les applications financières décentralisées. Ce domaine porte désormais un nom : la DeFi, pour finance décentralisée. En résumé, ces applications permettent, par exemple, de prendre un crédit, de prêter de l’argent ou de faire du trading sans passer par un intermédiaire centralisé, et tout cela en quelques clics.

Des projets se sont déjà bien imposés dans leur domaine, à l’image de MakerDAO pour obtenir des prêts sur gage en ethers, ou encore Aave pour prêter ses cryptomonnaies et obtenir un rendement en échange.
Plusieurs tokens du secteur de la DeFi représentent aujourd’hui des produits assez aboutis, qui offrent pour la plupart un rendement sur investissement intéressant, financé par l’utilisation de la plateforme elle-même.

Les tokens non-fongibles

9. Les nouveaux usages en vogue : les tokens non-fongibles (NFT).

Nous l’avons vu, la blockchain Ethereum rend possible l’émission de plusieurs standards de tokens. L’un de ces standards connaît une accélération de son adoption en 2021 : le standard ERC721 pour les tokens dit non fongibles – Non-fungible tokens (NFT) – en anglais.

La particularité de ces tokens consiste en leur caractère unique (ou au moins strictement limité et numéroté). Ils sont impossibles à contrefaire et ouvrent de nouvelles possibilités, notamment en matière de preuve de l’authenticité d’une musique ou d’une œuvre digitale grâce à la blockchain.

10. Quel potentiel à l’avenir pour Ethereum ?

Sur le marché, la valeur d’Ethereum est représentée par le cours de l’ether qui est fixé, comme pour Bitcoin, par l’offre et la demande. L’ether est lui aussi côté sur de nombreuses plateformes d’échange. Son cours est influencé par les actualités autour de son écosystème mais également par la spéculation, comme pour tout actif financier.

Ethereum est devenu une plateforme fondamentale dans l’écosystème des cryptomonnaies. De nouveaux projets sont créés quasiment tous les jours sur sa blockchain. Bien qu’en 2021, le réseau ne soit pas exempt de tout reproche, notamment autour des frais de transaction, les développements sont nombreux, les améliorations sont en cours et le cours de l’ether devrait refléter tôt ou tard cette évolution.

Mais attention, si investir dans l’ether à moyen ou long-terme peut s’avérer être un choix judicieux, il ne faut pas négliger sa forte volatilité : sa valeur peut fortement monter ou baisser en l’espace de quelques jours seulement.

Pour exemple, au début de l’année 2018, le cours de l’ether établissait un record à 1100 euros avant de subir une forte baisse de près de 90%. En décembre 2018, le cours ne valait plus que 75 euros. Depuis l’été 2020, une forte tendance haussière est de retour, le cours gagnant environ 1200% sur un an pour se situer autour des 1500 euros.

Ethereum va donc plus loin que Bitcoin et permet des alternatives qui intéressent aussi de plus en plus le monde de l’entreprise, avec des propositions de valeur souples et adaptées. Autour du projet gravite aussi tout le cadre des applications de finance décentralisée (DeFi) et des tokens non fongibles (NFT).

Aujourd’hui, il existe une alliance des entreprises Ethereum, qui compte des noms tels que Microsoft, Samsung ou Intel, et qui cherchent à tester et développer la technologie : l’écosystème Ethereum reste en pleine effervescence et les développements informatiques sont très nombreux. Il s’agit pour nous d’un projet incontournable du monde des actifs numériques.

Pour aller plus loin.

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