Ethereum : la fin est-elle proche ?

Marc Zeller – 2 Sep 2019

Plusieurs articles affirment depuis peu que la blockchain Ethereum serait “pleine” et irait au devant de difficultés de fonctionnement. Des déclarations qui ne vont pas manquer de provoquer débats et réactions dans la communauté blockchain. Si les faits évoqués dans ces articles sont souvent corrects, l’évaluation des conséquences nous apparaît comme exagérée et perçoit mal la capacité d’évolution du protocole.

Comprendre Ethereum et le principe du Gas

Au premier rang de ces articles alarmistes, celui de Bloomberg qui met en avant les problèmes de scalabilité. Mais revenons rapidement sur les fondamentaux. En plus d’offrir la possibilité de réaliser des transactions financières simples comme sur le protocole Bitcoin, Ethereum supporte l’exécution de “smart-contrats” publiés dans la blockchain Ethereum, c’est-à-dire du code informatique exécuté par l’EVM “Ethereum Virtual Machine”. Ce code est répliqué sur l’ensemble des noeuds du réseau.

Pour limiter les abus et organiser la priorité des actions à effectuer, l’exécution de code sur Ethereum est payante. Et comme toutes les instructions informatiques n’occasionnent pas le même coût en ressources, un “barème” des prix a été mis en place, dont la première version est le “Yellow Paper” du Dr Gavin Wood. C’est ce que l’on appelle le gas (essence en anglais).

Sur Ethereum, la commission de chaque transaction dépend de sa complexité, ainsi que du montant que l’émetteur est prêt à payer pour qu’elle soit rapidement traitée


Ce mécanisme est bien entendu beaucoup plus complexe que celui du Bitcoin, mais l’ensemble des portefeuilles récents calculent ces montants automatiquement.

Oui, Ethereum tourne à plein régime

Ethereum est indéniablement un succès. Si de nombreuses blockchains tentent d’émuler, voire de concurrencer sa proposition de valeur, c’est aujourd’hui le protocole qui rassemble sans conteste la majeure partie des développeurs, applications et utilisateurs de l’écosystème.

Afin de limiter la consommation de ressources et d’assurer la stabilité du réseau, les blocs d’Ethereum ont une limite de taille fixée par le protocole à huit millions d’unités de gas.

Près de 90% des blocs produits sur Ethereum sont proches d’être “pleins”


Comme l’article de Bloomberg le souligne, 15 à 20% de l’espace des blocs d’Ethereum est utilisé par Tether et l’USDT. Le plus proéminent des stablecoins a migré pour 1,5B$ de jetons USDT sur Ethereum cette année sous la forme de jetons ERC20. Ses tradeurs utilisent donc désormais en bonne partie Ethereum afin de migrer leurs fonds d’une place de marché à une autre.

L’un des avantages d’Ethereum par rapport au protocole OMNI, initialement utilisé par Tether, est un temps de traitement réduit puisqu’on passe d’un bloc toutes les dix minutes à un bloc toutes les quinze secondes.

Cette situation n’est cependant pas nouvelle, Ethereum présente des blocs remplis à plus de 70% depuis l’été 2017, bien avant l’arrivée de Tether.

L’espace au sein des blocs est un libre marché qui trouve son équilibre autour du prix du gas

Le coût moyen des transactions reste stable et bas

Des blocs “pleins” ne signifient pas forcément une augmentation mécanique des frais : une transaction avec une quantité de gas plus faible sera traitée plus tard, lorsqu’elle deviendra suffisamment attractive pour les mineurs.

Le marché du gas est organisé en trois catégories : “Safe Low”, coût estimé le plus bas qui garantit une transaction validée dans la demi-heure. “Standard”, dans les cinq minutes. “Fast”, dans les deux minutes.

Mis à part les tradeurs, la majeure partie des utilisateurs d’Ethereum ne sont pas dans l’urgence et paient un prix moins élevé en échange d’un peu de patience.

Ces stratégies permettent de lisser les transactions dans le temps et de s’assurer que la plupart des blocs sont remplis.

Des solutions techniques à court et moyen terme

Afin de résoudre cette problématique, la première solution prévue par Ethereum est  l’utilisation de sidechains, telles que le POA network, qui pourrait permettre à des acteurs comme les exchanges de faire transiter les flux d’USDT sur un réseau secondaire.

Offrant un service plus rapide et moins cher pour l’utilisateur, les sommes en jeu étant importantes, ce processus demandera du temps et ne justifiera son développement que si le coût des transactions Ethereum augmente sensiblement. 

À ce jour, 1400 ETH ont été dépensés en frais de transactions pour déplacer des USDT sur le réseau Ethereum. Une somme qui peut sembler conséquente mais qui reste raisonnable pour des places de marché, surtout dans un contexte où ces frais sont facturés directement à leurs clients.

La capacité du réseau Ethereum à gérer un flux croissant de transactions va progressivement s’améliorer avec des solutions telles que le Sharding, rendues possibles avec la mise à jour du réseau


En conclusion, Coinhouse ne partage pas les analyses de Bloomberg sur Ethereum. Cette Blockchain démontre son attractivité et son intérêt par son utilisation intensive au quotidien. Nous en tirons des conclusions positives et constatons que des mécanismes d’amélioration existent et peuvent être mis en place à court et moyen terme si la situation le nécessitait.

Ethereum reste l’un des projets les plus intéressants de l’écosystème, et le cryptoactif ether, dont dépend le projet, devrait encore offrir des opportunités intéressantes aux investisseurs. Pour ceux étant convaincus des qualités du projet Ethereum, Coinhouse vous accompagne pour acheter des ethers.

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