Les 5 plus grandes arnaques des cryptomonnaies

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“La blockchain va révolutionner le monde” — Nous l’avons entendu, vous l’avez entendu, et c’est déjà une réalité, en partie.

Alors que Bitcoin propose un nouveau mode d’échange de valeur pair à pair et Ethereum une plateforme innovante pour créer des services décentralisés, on se pose néanmoins souvent la question de l’utilité de créer des milliers de cryptoactifs différents.

Le succès de ces précurseurs a attiré les meilleurs esprits comme les pires, avec d’un côté des projets brillants qui voient le jour et d’un autre une série d’escroqueries organisées par des individus douteux qui tirent avantage de l’euphorie générale, de la régulation quasi-inexistante, et du manque de connaissance de leurs victimes.

La fièvre des ICOs : un environnement idéal pour des arnaques

Les ICOs sont des levées de fonds en cryptomonnaies. Probablement régulées dans un futur plus ou moins proche, on en comptait trois en 2015, trente en 2016, 884 en 2017, puis déjà 770 fin mai 2018. Une forte croissance en nombre comme en montants levés, avec par exemple l’équivalent de 6,1 milliards de dollars en 2017.

Ce cadre est idéal pour les arnaqueurs :

Une ruée vers l’or 2.0
Des retours astronomiques
Des technologies potentiellement
Des projets faciles à mettre en place

De nombreux projets vides de sens, libellés “ICO” mais qui ont pour but unique d’enrichir leur “créateur” ont tendance à apparaître sur le marché. Un copier-coller, un site web à l’allure professionnelle, un peu de marketing, et le tour est joué.

On voit également des porteurs de projet qui font toute sorte de promesses faramineuses, de “révolution technologique” en “innovation disruptive”, pour ensuite revoir leurs ambitions largement à la baisse, ou encore rallonger leur calendrier plus ou moins indéfiniment.

Mais le pire est quand les projets ne correspondent qu’à des escroqueries sans aucun fondement. Retour sur les cinq arnaques les plus importantes de l’histoire des cryptoactifs.

1. Pincoin et Ifan

Modern Tech n’a rien à envier aux plus audacieux braquages de banque. En Avril 2018, cette entreprise vietnamienne levait 660 millions de dollars sur deux ICOs.

Pincoin était présenté comme une plateforme de consommation collaborative, basée sur les principes de l’économie de partage. C’est-à-dire ? On ne le saura jamais. Quelques mots clés et de beaux schémas étaient suffisants pour une énorme levée de fonds.

Ifan était un projet de réseau social pour célébrités, permettant de les connecter à leurs fans.

En définitive, pas d’économie collaborative sur la Blockchain ni de réseau social du showbiz, mais simplement des individus malhonnêtes enrichis sur le dos d’investisseurs non avertis. Les propriétaires, une fois les fonds récoltés, ont tout juste disparu. Plus de 32000 investisseurs ont ainsi été floués.

2. Onecoin

De nombreuses enquêtes ont été déclenchées sur Onecoin depuis sa création. En Juillet 2017, l’Inde parlait d’une “pyramide de ponzi évidente” et les autorités italiennes sanctionnaient Onecoin avec une amende de 2,5 millions d’euros deux mois après.

De nombreux média spécialisés comme Cointelegraph ont invité leurs lecteurs à rester à l’écart de ce projet qui ne présente aucune caractéristique identifiable d’une cryptomonnaie décentralisée: pas de registre public, pas de portefeuille, pas de réseau de minage. Ses bureaux ont été perquisitionnés en janvier 2018 par les autorités bulgares. En 2016, 30 millions de dollars avaient déjà été saisis par les autorités qui enquêtaient sur les pratiques de Onecoin dans ce pays.

La Thaïlande, la Croatie, la Bulgarie, la Finlande et la Norvège ont averti les investisseurs des risques très élevés qu’ils prenaient en investissant dans ce projet.

3. Bitconnect

Bitconnect est certainement le cas le plus connu, notamment à cause de nombreux youtubeurs qui en faisaient ouvertement l’éloge. Fonctionnant sur un système de pyramide de Ponzi, il fut contraint de cesser toute activité en Janvier 2018 suite à un ordre de désistement énoncé par le régulateur américain.

Les utilisateurs échangeaient du Bitcoin contre du Bitconnect Coin (BCC) sur la plateforme Bitconnect, poussés par d’incroyables promesses de retours sur investissements.

La compagnie offrait également un système de prêt a travers lequel les utilisateurs pouvaient se prêter mutuellement du BCC afin de générer un taux d’intérêt en fonction du nombre de BCC prêtés. Il existait enfin un système de parrainage, commun dans les pyramides de Ponzi.

Un recours collectif contre Bitconnect a été lancé aux Etats-Unis, afin de récupérer au moins une partie des fonds perdus, estimés à plus de 700 000 dollars.

4. Plexcoin

Plexcorp, entreprise à l’initiative de l’ICO Plexcoin, fonctionnait là encore comme une pyramide de ponzi jusqu’en décembre 2017. L’entreprise promettait un retour sur investissement de plus 1300% par mois jusqu’à ce que la SEC — Security and Exchange Commission — lui ordonne de cesser ses opérations.

Plus de 15 millions de dollars ont été extorqués par Plexcoin. Le fondateur a été arrêté, emprisonné et les fonds gelés par la SEC.

Le cas Plexcoin est intéressant car c’était la première fois que la SEC mettait en oeuvre, à travers sa Cyber Crime Unit, une action sur une ICO douteuse.

5. Centratech

Alors que l’on entendait Nabilla faire les louanges des cryptomonnaies, Centratech jouissait de l’aide de célébrités comme Floyd Mayweather et DJ Khaled pour faire sa pub.

L’entreprise a pu lever 32 millions de dollars afin de soit-disant développer une carte de débit Visa et Mastercard permettant la conversion immédiate de monnaies classiques en cryptoactifs.


Jusque là, rien d’alarmant et ce type de projet existe par ailleurs, malgré les annonces de Visa qui ne souhaite pas travailler pour le moment avec les cryptoactifs.

Encore une fois, la SEC a pu mener son enquête et les deux fondateurs ont été arrêtés pour fraude. Ils sont accusés d’avoir falsifié leur parcours afin de le rendre impressionnant, publié du contenu trompeur sur le site web, et payé des célébrités pour augmenter la visibilité de leur projet.

Les deux fondateurs sont sous le coup d’une injonction permanente afin de les forcer à rendre les fonds à leurs victimes, avec les intérêts.


Investisseurs, méfiez-vous!

Si vous souhaitez investir dans une ICO ou dans un projet relatif aux cryptoactifs en général, nous vous recommandons fortement de vous poser les questions suivantes:

  • Vous fait-on des promesses de gains financiers importants et/ou garantis ?
  • Existe-t-il un portefeuille électronique que vous pouvez utiliser pour conserver ces actifs, ou êtes-vous obligé de les laisser sur le site web du gestionnaire du projet ?
  • Vous propose-t’on un modèle de parrainage, où vos gains dépendent du nombre de personnes que vous recrutez dans le projet ?
  • Quelle est la taille de la communauté derrière le projet ? Quelle est l’équipe qui le gère, et quelle est leur expérience ?
  • Quel est le but du projet ? Cherche-t’il à répondre à un besoin facilement exprimable ou s’agit-il d’un énième clone du Bitcoin ?
  • Les crypto-actifs sont en grande majorité des projets open-source. Peut-on consulter le code informatique du projet ? Y a-t-il des contributions fréquentes apportées au projet?

La réponse à toutes ces questions doit vous permettre de prendre une décision avisée. Vous pouvez également venir assister à l’une des séances d’informations gratuites organisée par Coinhouse, au cours de laquelle vous pourrez poser toutes les questions que vous souhaitez sur tel ou tel actif.

Mais surtout, n’oubliez pas les deux règles d’or :

  • N’investissez jamais plus que ce que vous êtes prêt à perdre
  • Recoupez toujours l’information qu’on vous fournit.
Sources :
https://cointelegraph.com/news/unpacking-the-5-biggest-cryptocurrency-scams