Qu’est ce qu’un token ?

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Définition

Dans l’écosystème blockchain, on appelle token ou jeton numérique tout actif transférable numériquement entre deux personnes.

Ces jetons sont émis sur une blockchain, le plus souvent sur Ethereum. En fonction des propriétés qui leur sont attribuées, ils ont une classification et des usages différents.

Ethereum n’a pas inventé les tokens !

Les jetons peuvent être natifs à une blockchain, par exemple le Bitcoin, ou bien hébergés sur une blockchain déjà existante via un smart contract : ainsi, on pourra trouver sur la Blockchain Ethereum de nombreux jetons à l’utilité parfois questionnable.

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Si Ethereum est bien la blockchain qui héberge le plus de jetons à ce jour, l’idée d’héberger un actif différent du jeton natif sur une Blockchain est plus ancienne. Dès 2012, les “colored coins” sur la Blockchain Bitcoin représentent une version primitive de ce concept, mais ne trouveront jamais une véritable application.

Par la suite, NXT proposera une blockchain spécialisée dans la génération de jetons en 2013 et lancera ce service début 2014. Là encore, ce protocole tombera progressivement dans l’oubli, faute de succès.

Pourquoi plusieurs actifs sur la même blockchain ?

Voyant le succès du Bitcoin, beaucoup de projets de cryptoactifs se sont lancés pendant la période 2011-2015, reprenant souvent le code source du Bitcoin en y apportant quelques modifications mineures comme le Litecoin, voire en en changeant uniquement le nom et le symbole (Dogecoin).

Tous ces projets se sont très vite heurtés aux limites imposées par la décentralisation : pour qu’un tel projet fonctionne, il faut de nombreux noeuds réplicant la blockchain, des mineurs disposés à en valider les transactions, des développeurs pour faire évoluer le protocole et créer des portefeuilles le supportant.

Beaucoup de ces projets n’ont pas pu atteindre la masse critique leur permettant de survivre dans un environnement très compétitif et ont rejoint la liste des actifs listés sur deadcoins.com, la rubrique nécrologique des projets blockchain.

L’intérêt de créer un actif “hébergé” sur une blockchain existante est donc évident : on utilise plus ou moins gratuitement l’infrastructure existante de la blockchain sur laquelle on se greffe. Les mineurs valident ainsi de façon transparente tous les jetons hébergés, les noeuds répliquent toutes leurs transactions, leurs portefeuilles sont immédiatement compatibles.

Créer un jeton Ethereum est aujourd’hui aussi simple que d’aller sur un site web, choisir quelques paramètres et payer un ou deux euros de commissions, pour pouvoir profiter de toute la sécurité, des fonctionnalités, et de l’évolutivité de la Blockchain sous-jacente.

Quelles sont les différentes formes de jetons?

Il existe différentes formes de jetons aux propriétés et fonctionnalités multiples. Pour acquérir la majorité de ces jetons, il faut au préalable acheter des bitcoins, car la plupart ne s’échangent que contre du BTC.

Pour les héberger, il faudra également trouver une Blockchain permettant de créer des smart contracts, comme Stellar, EOS, BNB, KMD ou TRON. Ethereum est cependant la Blockchain sur laquelle ces projets se développent le plus.

Sur Ethereum, des standards ont émergé depuis 2017, permettant aux créateurs de ces jetons de proposer des fonctionnalités identiques, afin de les intégrer naturellement aux portefeuilles existants. Un portefeuille supportant un jeton ERC20 est immédiatement compatible avec tous les autres ERC20.

ERC20 : les jetons dits “fongibles”

Premier standard de jeton à s’être imposé dans l’écosystème Ethereum, chaque type de jeton ERC20 est géré par un smart contract qui présente une liste de fonctions minimales : comment créer de nouvelles unités les diviser en fractions, les détruire et les transférer à un autre portefeuille.

Majoritairement issus d’une ICO (Initial Coin Offering), ces jetons sont liés à un projet spécifique, avec sa propre proposition de valeur. Certains ERC20 font donc partie de notre liste des cryptoactifs à suivre.

L’utilisation des ERC20 est extrêmement variée : actifs d’échange ou de valeur au sein de l’écosystème d’un projet, représentation d’un actif qui est leur sous-jacent, Stablecoins dont la valeur reste fixe par rapport à une monnaie étatique.

On peut même représenter des bitcoins sous forme de jetons Ethereum, sujet que nous avons déjà évoqué dans notre article sur le wBTC.

ERC721 : les jetons dits “non-fongibles”

Popularisés par les CryptoKitties, les ERC721 sont bâtis sur une base de ERC20 et en reprennent donc toutes les caractéristiques techniques, avec une différence fondamentale : ce sont des jetons non-fongibles qui représentent un objet numérique doté de caractéristiques uniques : un numéro de série, un nom, des caractéristiques de personnages ou d’objets de jeux.

Le terme de “crypto-collectible” est également utilisé, très populaire dans le domaine du jeu vidéo ou de la propriété. Les ERC721 sont toujours uniques et ne peuvent ni être répliqués, ni subdivisés en fractions de jeton. On ne peut donc qu’en posséder une unité entière. Notre article sur Enjin permet d’en apprendre plus sur ce type de jetons.

ERC1411 : les jetons dits “Security tokens”

Basés là aussi sur les ERC20, les security tokens regroupent les actifs qui nécessitent de se conformer au droit financier. Ils représentent des produits financiers au sens classique, par exemple des actions, obligations, dettes ou titres de propriété.

Soumis aux mêmes règles que les produits classiques, l’investissement ou le trading sur ces actifs sont limités à des investisseurs dits “qualifiés”. Notre article sur les STO approfondit ce sujet.

Les jetons de type ERC1411 ont donc comme particularité de ne pas pouvoir être transférés librement comme les ERC20 classiques : une tierce partie est responsable d’autoriser ou non le transfert de ces objets numériques afin de respecter les lois et réglements étatiques gérant les sous-jacents qu’ils représentent.

Cette autorisation est gérée par le smart contract via lequel ces actifs ont été générés. Les actifs numériques s’adaptent ainsi au droit existant et il est probable que les Security tokens soient ceux qui bénéficieront le plus rapidement d’un cadre juridique, leur existence ne représentant qu’une simple évolution technique des produits financiers classiques.

S’il existe d’autres formes bien plus exotiques de tokens, les plus utilisés sont inclus dans ces trois grandes classifications, ce qui représente déjà plusieurs milliers d’actifs à l’intérêt et à la proposition de valeur très variables.

Et sur les autres Blockchains ?

A l’heure actuelle, les projets les plus nombreux et intéressants se développent sur la Blockchain Ethereum. On trouve quelques tokens en production sur les Blockchains EOS et TRON, mais force est de constater que leurs applications sont quasi-exclusivement dans le domaine des jeux d’argent, ce qui représente rarement un tour de force technologique.

La barrière à l’entrée pour créer et gérer un token est aujourd’hui devenue extrêmement basse. Il est donc indispensable, pour éviter les projets douteux, de disposer d’un partenaire de confiance avec une expertise comme Coinhouse.