La blockchain: quels usages pour le gaming ?

Home » Apprendre » Blockchain » La blockchain: quels usages pour le gaming ?

Malgré ce qu’on pouvait lire quotidiennement en 2017, la blockchain ne va pas (encore) révolutionner l’intégralité des secteurs d’activités économiques. Cependant, certains secteurs prennent déjà conscience que les réseaux blockchain et les actifs qui y circulent peuvent devenir de puissants outils. L’industrie des jeux vidéos en est un bon exemple. Nous nous penchons aujourd’hui sur un mariage de raison: les actifs blockchain et les jeux vidéo.

Reconsidérons les caractéristiques essentielles des actifs sur blockchain:

  • Je possède mes actifs car je suis seul propriétaire des clés qui les contrôlent
  • J’ai une visibilité totale du nombre d’actifs en circulation ainsi que de leurs mouvements
  • Mes actifs ne peuvent pas être confisqués et disparaître du jour au lendemain
  • Je peux échanger mes actifs à ma guise, à travers le monde, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

De ces caractéristiques ressortent des propositions de valeur intéressantes, qui peuvent se greffer aux jeux vidéos actuels ou bien redonner de l’allure à des jeux plus “old-school”.

Quelle place pour les tokens au sein des jeux vidéos ?

Lorsque vous passez des heures, des journées, voire des semaines à chercher et gagner un objet rare dans un jeu vidéo tel une épée, une armure, ou un vaisseau spatial, il s’ensuit une certaine satisfaction. Certains de ces objets ont été évalués à plusieurs milliers d’euros.

Mais l’idée de rareté et de propriété dans les jeux vidéos peut être trompeuse. Combien d’exemplaires de cet objet sont en circulation ? Comment puis-je être assuré que les développeurs n’ont pas créé des répliques identiques sans en informer les joueurs ? Qu’advient-il de mon objet si mon compte est bloqué, si je suis banni, ou si un administrateur me le retire sans justification ?

C’est dans ces cas que la blockchain peut fournir une valeur ajoutée intéressante. Si Blizzard ou Ubisoft décidaient de tokeniser les actifs de leurs jeux, ils pourraient facilement créer une classe de tokens non-fongibles pour chaque type d’objet en utilisant les standards ERC20, ERC-721 ou ERC-1155.

En liant le portefeuille Ethereum des joueurs à leurs personnages et en consultant régulièrement la blockchain, il peut être déterminé que si un joueur possède un token correspondant à un objet, alors son personnage bénéficie automatiquement de l’objet dans son inventaire.

Cela présente plusieurs avantages. Le joueur a un réel sentiment de propriété de son objet. Il peut consulter la blockchain, voir combien de copies de son objet sont en circulation, et connaître précisément le degré de rareté de l’objet.

A titre d’exemple, nous avons créé le token RARESWORD (RSWD), dont il existe 100 unités seulement. Tout le monde peut vérifier quelles adresses détiennent les tokens, quand ils ont été créés, échangés, etc.

Pour recevoir un token RARESWORD créé spécialement par l’équipe Coinhouse, envoyez un tweet à @CoinhouseHQ contenant votre adresse Ethereum.

Enfin, on pourra constater l’émergence de marchés secondaires. Des places de marché qui ont pour vocation de connecter les utilisateurs en leur permettant d’acheter et vendre les objets du jeu se mettent en place, comme Open Sea. Les joueurs n’ont même pas à demander l’autorisation à l’entreprise qui émet les tokens et gère le jeu. Nonfungible.com recense tous les échanges de token non-fongibles. Les cinq projets actuellement les plus populaires ont réalisé plus de 250 000 dollars d’échanges la semaine passée.

Une connectivité entre des jeux différents est également possible, et un token non-fongible qui représente une épée dans un jeu peut représenter un sabre laser dans un autre.

Que voyons-nous aujourd’hui sur le marché ?

L’enthousiasme autour des non-fongibles a démarré en trombe en 2017 avec Cryptokitties, un jeu qui permet de collectionner et d’échanger des chats numériques plus ou moins rares du fait de leurs caractéristiques. Cryptokitties a lancé une vague de projets d’objets de collection non-fongibles. Aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de chats, mais aussi de héros, de planètes ou de pseudo-Sims. L’entreprise française Sorare est même entrée en partenariat avec des clubs de football pour émettre des cartes représentant de vrais joueurs et permettant aux propriétaires de confronter leurs équipes respectives.

La palme du projet le plus ambitieux revient à Decentraland, qui construit un univers de type Second Life avec une immersion en réalité virtuelle. Chaque parcelle de terrain est vendue à un propriétaire, le détenteur du token non-fongible qui la représente, et sur laquelle il aura la possibilité de construire tout type de bâtiments ou d’expériences virtuelles.

Et si on faisait tourner les jeux directement sur la Blockchain ?

Si a priori c’est l’idée qui vient en considérant l’intérêt de faire converger gaming et Blockchain, elle présente un certain nombre de difficultés. D’abord, les réseaux blockchain fonctionnent à un rythme relativement lent, et ne peuvent changer d’état qu’à chaque nouveau bloc. La blockchain Ethereum, par exemple, produit un nouveau bloc toutes les 15 secondes en moyenne. Cette limitation est une conséquence directe de leur nature décentralisée, car les noeuds répartis à travers le monde doivent avoir le temps de se resynchroniser au nouvel état de la blockchain.

Certaines blockchains prétendent pouvoir fournir un temps de bloc de l’ordre de la seconde, ce qui serait suffisamment rapide pour faire fonctionner un jeu vidéo très basique. Mais les jeux vidéo modernes nécessitent des milliards d’opérations par seconde, notamment pour l’affichage.

De plus, chaque mouvement, chaque changement d’état doit être enregistré dans une transaction qui coûte cher à ajouter à la blockchain. Imaginez devoir attendre 15 secondes et payer 3 centimes à chaque fois que vous tournez un volant de gauche à droite. Non, non, et encore non.

Ces facteurs nous permettent de comprendre que personne ne s’amuserait à faire fonctionner un jeu vidéo directement sur une blockchain.

Et Bitcoin dans tout ça ?

Si Bitcoin n’est pas aujourd’hui la plateforme idéale pour l’émission de tokens, elle a son rôle à jouer en tant que moyen de paiement dans les jeux. Pour preuve, certains projets ont réalisé des tests en intégrant le lightning network à des jeux vidéos, et l’expérience est probante.

Nous sommes aujourd’hui dans une période très expérimentale des applications blockchain dans le gaming, mais l’enthousiasme généré par ces premiers projets semble indiquer une demande certaine de la part du marché. Il ne serait pas étonnant de voir une adoption massive des actifs blockchain par les jeux vidéos dans les années à venir, car ils apportent des fonctionnalités originales et complémentaires qui enrichissent l’expérience des joueurs et des collectionneurs.