Qui contrôle le Bitcoin ?

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Le Bitcoin est l’oeuvre d’une personne ou d’un groupe de personnes se cachant derrière le pseudonyme “Satoshi Nakamoto”. Il (ou elle) a su faire converger différentes technologies mêlant cryptographie et registres distribués afin de proposer un réseau de valeur sans tiers de confiance. Malgré le succès de son invention, l’identité de Satoshi reste inconnue, et il a quitté le projet en 2011. Mais si Satoshi revenait demain, aurait-il la possibilité de contrôler le Bitcoin ? Peut-on s’assurer de l’authenticité du protocole ?

La spéculation sur la véritable identité de Satoshi Nakamoto bat son plein depuis les premières années de Bitcoin. On ne connaît pas les raisons de Satoshi Nakamoto de conserver l’anonymat, même si on peut spéculer sur le fait qu’il ait souhaité éviter un harcèlement médiatique important et de potentielles poursuites judiciaires, le Bitcoin ayant été interdit dans plusieurs pays. Satoshi Nakamoto a quitté le projet en 2011, laissant Bitcoin entre les mains de ses utilisateurs et remplissant ainsi la vision d’un réseau de valeur décentralisé et sans tête : l’émergence d’une monnaie véritablement acéphale.  

Comment peut-on être sûr que Satoshi Nakamoto ne tire pas profit de son invention ?

Bitcoin est un logiciel en libre accès avec l’intégralité du code disponible sur la page github dédiée. L’étude du code du logiciel permet de savoir précisément comment celui-ci se comporte. Cela permet notamment de vérifier facilement que Satoshi ne pourrait en aucun cas manipuler le protocole Bitcoin et le faire évoluer selon son bon vouloir ou changer le contenu de tel ou tel portefeuille. S’appuyant sur une technologie prometteuse et disruptive, nous pensons que Bitcoin dispose de nombreux atouts et le proposons à l’achat et à la vente sur notre plateforme en ligne.

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Mais qui est en charge du protocole ?

Il existe de multiples réponses à cette question. Elles sont très bien détaillées par l’ingénieur Jameson Lopp pour les anglophones.

Dans Bitcoin, tout est pensé et paramétré afin d’éviter la centralisation et les points uniques de défaillance. Nous avons notamment écrit un article sur la limite des 21 millions de bitcoins qui est une caractéristique importante du protocole.

Alors que tout le monde peut contribuer au code sur Github/bitcoin, un certain nombre de garde-fous sont implémentés pour que le code et ses évolutions restent sécurisés.

Un nombre restreint d’individus, les core developers, ont la possibilité de publier et de signer une nouvelle version du protocole grâce à leur clé PGP , l’équivalent d’une clé privée de portefeuille Bitcoin. Aujourd’hui, cinq personnes détiennent des clés vérifiées. Ce nombre est dynamique et ces personnes sont connues pour avoir participé de manière active au développement du protocole depuis de nombreuses années. Elles peuvent choisir d’ajouter/retirer un membre à tout moment par consensus.

N’importe quel autre développeur a la possibilité de proposer des évolutions au protocole, et les core developers ont la responsabilité de les lire et de les accepter ou de les refuser.

Le protocole est donc aux mains des développeurs ?

Tout d’abord, il existe plusieurs implémentations du logiciel Bitcoin. Alors que Bitcoin Core est l’implémentation principale sur laquelle le plus de développeurs travaillent avec plus de 95% des noeuds, rien n’oblige à l’utiliser. Il suffit que l’application soit compatible avec le protocole, et elle sera utilisable sur tout le réseau, de la même façon que les utilisateurs du web ont le choix entre Chrome, Firefox ou Edge.

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Mais même en utilisant un logiciel différent, celui-ci doit respecter le protocole. Or, ce sont les core developers qui le contrôlent également. Peut-on encore alors parler de décentralisation, puisqu’il suffirait que ces derniers s’accordent pour le modifier dans le sens qu’ils souhaiteraient ?

Le principe du consensus

Heureusement non : le seul pouvoir qu’ont les core developers est de publier et de proposer à la communauté de nouvelles versions du protocole. Au final, les propriétaires des noeuds du réseau ont la responsabilité de décider de mettre à jour leurs machines avec une nouvelle version ou pas. On peut donc dire que la décision de faire évoluer le protocole est prise par consensus par les propriétaires des noeuds de la Blockchain.

Rien n’empêche une nouvelle équipe de développement d’émerger et de proposer une nouvelle version. Si elle est acceptée par la grande majorité des noeuds, elle devient la version officielle.

Cette liberté a notamment été utilisée en 2017 pour la mise en oeuvre de SegWit. Les mineurs se montraient récalcitrants à l’idée d’adopter SegWit. Une proposition du nom de BIP148 a alors vu le jour afin de faire participer également les propriétaires de noeuds et qu’ils donnent leurs avis. Cette proposition n’ayant pas été appliquée sur Bitcoin Core, une implémentation du nom de Bitcoin UASF gagna rapidement en popularité. La pression exercée par Bitcoin UASF à suffi pour que les mineurs intègrent SegWit via les processus définis dans Bitcoin Core.

La technologie et le protocole qui font fonctionner Bitcoin lui permettent d’évoluer de manière dynamique, sur le principe du consensus et non d’une décision unilatérale. La réponse à la question “Qui contrôle Bitcoin ?” est donc “personne et tout le monde à la fois”, via un mécanisme non pas basé sur la démocratie, mais sur le consensus. Bienvenue dans le monde du logiciel libre.

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