Qu’est-ce que Tezos (XTZ) ?

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Dans le monde de la blockchain, des cryptoactifs et des ICOs, Tezos est un projet qui, pour le meilleur ou pour le pire, s’est largement fait remarquer.  Il est le produit de plusieurs années de réflexions philosophiques et crypto-économiques. Arthur et Kathleen Breitman présentaient leurs idées dans la première version du White Paper en 2014.

Auparavant, Arthur Breitman était ingénieur-chercheur pour Google X et Waymo. Plus tôt dans sa carrière, il a notamment travaillé comme analyste quantitatif pour Goldman Sachs et Morgan Stanley. Arthur est un diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Université de New York où il s’est consacré aux mathématiques appliquées.  Sa femme et partenaire Kathleen Breitman est également diplomé de l’Université de New York. Elle a travaillé auparavant comme associée à la stratégie pour R3 CEV, Accenture et Bridgewater Associates.

Ils sont soutenus par une équipe de développeurs ainsi que les membres du board Ryan Jesperson, Lars Haussmann, Michel Mauny, Olaf Carlson-Wee, Pascal Cléré, Marylène Micheloud et Hubertus Thonhauser. Pour en savoir plus sur leurs parcours respectifs, vous trouverez toutes les informations ici et ici. Andrew Miller, Emin Gün Sirer  et Zooko Wilcox  sont également “advisors” du projet.

Très tôt, les Breitmans ont su s’entourer de grosses pointures comme Tim Draper et Olaf Carlson-Wee, entre autres, des vétérans de longue date qui ont cru en la vision d’un nouvel écosystème décentralisé, auto-régulé, avec un focus particulier sur la sécurité.

La combinaison de la vision, de l’équipe, et d’une communauté grandissante ont permis à Tezos de lever 232 millions de dollars en 2017, la somme la plus importante jamais levée à l’époque, et bien plus que les porteurs du projet attendaient.

Cependant, les choses ont rapidement tourné au cauchemar lorsque des problèmes de gouvernance avec la Fondation Tezos, censée manager les fonds de l’ICO, ont commencé à faire surface et ont mené au confinement des fonds levés. Déception des investisseurs, recours collectifs, et délais sur le lancement du produit ont fait suite.

Un an après la fin de leur ICO, il semble que Tezos ait réglé ses problèmes avec la Fondation Tezos et que les choses soient prêtes à avancer. La version beta du réseau ainsi que les tokens sont disponibles depuis le début du mois de Juillet. Une bonne opportunité pour se pencher sur le projet.

Tezos, l’ICO gigantesque, puis les problèmes

L’ICO de Tezos a été orchestrée de manière légèrement différente des ICO classiques, et a entraîné une remise en question du procédé de la part de la communauté. Ces caractéristiques particulières ont fait de Tezos un investissement différent d’un token classique issu d’une ICO commune, qui consistait, malheureusement, souvent à revendre rapidement le token acquis en visant un profit à court terme.

Tout d’abord, l’ICO Tezos est restée active plus de 2 000 blocs Bitcoin (soit un peu moins de 2 semaines). Ceci représentait une longue période pour une ICO, à l’époque où certains projets ont levés des dizaines de millions de dollars en moins d’une minute (par exemple BAT : 30 millions en 30 secondes). L’ICO n’était pas dotée d’un hard cap, et aucun token ERC-20 n’allait être été distribué. Tezos devait impérativement lancer une plateforme viable et fonctionnelle avant que les investisseurs ne puissent mettre la main sur leurs tokens.

Selon l’équipe de Tezos, ces décisions avait pour but de favoriser une distribution plus large des tokens en offrant plus de temps aux intéressés pour participer, tout en décourageant les investisseurs désireux de faire un simple et rapide retour sur investissement. De cette manière là, Tezos pouvait espérer compter sur une communauté d’investisseurs tournés vers la technologie qui pourraient aider à l’évolution globale du projet.

L’histoire a prouvé que c’était une recette gagnante.

Tezos a levé 65 703 BTC et 361 122 ETH, pour un total de 232 millions de dollars à l’époque. Aux cours actuels, on parle de plus de 500 millions de dollars.  C’est une somme colossale, et l’équipe Tezos avait un plan pour les fonds: ils allaient encourager la création de projets au sein de l’écosystème Tezos via un fond d’investissement venture capital de 50 millions de dollars et assurer une certaine stabilité de la valeur des fonds levés en diversifiant leur portefeuille sur différentes classes d’actifs.

Dans un soucis de transparence, les Breitmans ont décidés de s’appuyer sur une Fondation Suisse pour gérer les fonds. La Fondation Tezos a pour objectif de manager les fonds afin de promouvoir et développer le protocole Tezos et les technologies liées à celui-ci, ainsi que de promouvoir et appuyer des applications utilisant le protocole Tezos.

Malgré un départ encourageant et des choix prometteurs, certaines erreurs allaient ternir l’image du projet. Premièrement, les Breitman ont totalement distanciés leur entreprise – Dynamic Ledger Solutions – de la Fondation Tezos. Leur relation étant désormais contractuelle, DLS était simplement en charge de développer le protocole.  L’accord mis en place allouait le code source de Tezos ainsi que le nom « Tezos » à la Fondation, en échange de 8,5 % des fonds levés lors de l’ICO et 10 % des tokens générés lors du genesis block.

Les Breitman ont engagé Johann Gevers comme président de la Fondation. Johann avait une bonne image au sein de la communauté, et ses précédentes expériences faisaient de lui le candidat idéal au poste. Le Board de la fondation a fini par lui fournir l’accès à l’une des signatures du multisig-wallet du fond. Ceci ne lui permettait pas de s’approprier les fonds directement, mais lui offrait la possibilité de bloquer le wallet.

Il s’avéra que Johann n’avait pas le désir de développer le projet Tezos. Il essaya de lier ses entreprises au projet afin de les promouvoir, embaucha des personnes liées à celles-ci, et changea son statut à “Directeur Exécutif” afin de pouvoir s’octroyer une paye significativement plus élevée que ce qui lui était donné en tant que Président de la Fondation. Lorsque les Breitman ont menacé Johann de l’exposer et d’annuler le contrat qui les lie à la Fondation, Johann coupa le financement du projet Tezos.

Suite à cela, les délais de la roadmap n’étaient plus respectés, et les investisseurs étaient désemparés face à cette situation (ils n’avaient pas même la possibilité de sortir en cédant leurs tokens, indisponibles à ce moment). Avec cette situation délicate, le projet se retrouva fortement remis en question, et sujet à plusieurs recours collectifs.

Compte tenu de ces problèmes, la communauté Tezos a décidé de déployer sa propre Fondation  appelée la Fondation T2, avec Ryan Jesperson comme leader. T2 a reçu l’appui des membres importants de la communauté, comme Olaf Carlson-Wee. Le but était de lancer le réseau malgré tout, “si la Fondation Tezos s’avérait incapable de le faire dans un délai raisonnable.”

La Fondation T2 est entrée en partenariat avec les Breitmans, et a subventionné les développeurs pendant plusieurs mois, permettant de maintenir le projet en vie.Au final, tout est rentré dans l’ordre après une longue entrevue entre Ryan Jesperson et Johan Gevers. Ce dernier accepta de renoncer à la présidence de la Fondation. Cela a marqué la fin des problèmes de gouvernance, sujet plutôt ironique pour un projet qui doit s’auto-gouverner…

Cliquez ici pour une version détaillée de l’histoire par Gideon Lewis-Kraus pour Wired.

Qu’est ce que Tezos ?

La proposition de valeur principale de Tezos est une gouvernance “auto-régulée” au sein même du protocole.


Les fondateurs de Tezos pensent qu’un système réellement décentralisé se doit de l’être à tous les niveaux: non seulement dans sa façon de découvrir les blocs, broadcaster les transactions, valider les transactions, et arriver à un consensus sur une même et unique chaîne, mais chaque prise de décision doit être décentralisée aussi, comme les propositions d’amendement du protocole.

Faisons une comparaison entre le système d’amendement d’Ethereum et de celui de Tezos.

Pour Ethereum, afin qu’une amélioration de protocole soit implémentée, le processus suivant est mis en place:

  1. Un “Ethereum Improvement Proposal” est soumis sur https://github.com/ethereum/EIPs
  2. Les “core” développeurs discutent des propositions lors d’entrevues ouvertes https://github.com/ethereum/pm/tree/master/All%20Core%20Devs%20Meetings
  3. Si la proposition est amenée à être implémentée, les développeurs se mettent d’accord sur une date d’activation. Le numéro du bloc auquel la nouvelle version du protocole sera implémentée est communiqué à la communauté, donnant la possibilité aux noeuds du réseau d’updater la version qu’ils utilisent.

Comme vous le voyez, valider un EIP passe par les core développeurs Ethereum, c’est une décision off-chain.

Maintenant, voyons ce que Tezos propose:

Les évolutions de protocole sont organisées en “cycles d’élections” d’une durée de 262 144 blocs, soit environ 6 mois. Chaque cycle est divisé en quatre périodes:

  1. Durant la première période, les propositions d’amendement sont suggérées au réseau. Les créateurs des amendements ont la possibilité d’ajouter une “facture” à leur proposition et choisissent ainsi la récompense qu’ils obtiendront si leur proposition fini par être implémentée. Les détenteurs de tokens peuvent approuver ou désapprouver autant de propositions qu’ils le souhaitent durant cette période.
  2. Seul la proposition qui obtient le plus d’approbations passera dans le processus de sélection de la deuxième période. La proposition choisie doit obtenir une super-majorité de 80% de votes en faveur. Si elle ne les atteint pas, alors la proposition est rejetée.
  3. Si elle est acceptée, la nouvelle version du protocole est implémentée automatiquement sur le testnet. Le protocole est ainsi testé intensivement durant cette phase et un nouveau vote nécessitant une super-majorité de 80% est mené.
  4. Cette période est une extension de la phase 3. Un vote de confirmation similaire prend place une fois de plus. Si celui-ci est validé, le nouveau protocole est automatiquement implémenté au premier bloc du nouveau cycle.

Bien entendu, les conditions décrites ci-dessus peuvent totalement changer via ces même amendements. 80% est considéré comme un chiffre très conservateur, et des conditions plus complexes pour la sélection des amendements du protocole seront très certainement implémentée dans le future.

Il est important de noter qu’un minimum de 10 000 XTZ (soit 1 “roll”) sont nécessaires afin de pouvoir voter. 1 roll = 10 000 XTZ = un droit de vote = un droit de baking. Pour ceux qui détiennent moins de 10 000 XTZ, ils peuvent déléguer leurs droit de vote à la personne de leur choix.

Cela dit, l’efficacité du modèle de gouvernance par la blockchain reste une question ouverte. Tezos fait parti des premières expérimentations d’un tel système.

La deuxième caractéristique importante de Tezos est que le protocole est implémenté depuis le premier jour avec un mécanisme de consensus Delegated Proof-of-Stake, nommé Liquid Proof-of-Stake.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Dans Bitcoin ou Ethereum, un mécanisme de consensus par Preuve-de-Travail (Proof-of-Work) est utilisé, via lequel les mineurs dédient de la puissance de calcul informatique afin de trouver un hash valable qui leur permettra d’ajouter leur bloc de transactions à la blockchain et récupérer la récompense et les frais de transactions liés à ce bloc. Ce processus consomme beaucoup d’énergie aujourd’hui, mais est reconnu comme le mécanisme le plus sûr, avec Bitcoin qui l’utilise avec grand succès depuis bientôt dix ans maintenant. Ici, la décentralisation émerge par les incentives que les gens ou entreprises ont à récupérer les récompenses et donc à faire parti intégrante des opérations de validations des blocs qui sécurisent le réseau.

Un autre mécanisme de consensus qui a été implémenté par Peercoin (PoW+PoW) en premier lieu puis par NXT (100% PoS) est la Preuve d’Enjeu (Proof-of-Stake). Au lieu de mettre chaque mineur en compétition afin de trouver un hash valable, un mineur est présélectionné pour miner un certain bloc dans le futur. Afin de s’assurer qu’il ne triche pas ou ne soit pas malhonnête, il devra mettre en séquestre un certain nombre de ses tokens avant même d’ajouter ses blocs à la blockchain. Si il essaye de tromper le réseau, il perdra ses fonds en séquestre. Cela veut dire que l’énergie nécessaire au fonctionnement du réseau est minimale car il n’y a pas de dépense d’énergie en excès. Cependant, ce système ne travaille pas en faveur des petits détenteurs de tokens, qui n’ont pas suffisamment de ressources à mettre en séquestre pour avoir le droit de participer au système de génération des blocs et donc de rémunération.

Nous observons maintenant l’émergence de Preuve d’Enjeu déléguée (Delegated Proof-of-Stake), au sein desquels figure la Preuve d’Enjeu Liquide de Tezos.

Tezos utilise le terme de bakeur pour les mineurs et de baking pour les opérations de minage.

Fonctionnement

  • Les activités de baking sont organisées en cycles de 4096 blocs (soit environ 3 semaines). A chaque cycle, les droits de baking sont attribués à une liste de bakers potentiels pour chaque bloc. Les détenteurs de tokens ont le droit de mettre leurs tokens en séquestre afin de valider les blocs et les ajouter à la blockchain, mais un minimum d’un “roll” (10 000 XTZ) est nécessaire pour être sélectionné. Être un noeud du réseau est aussi nécessaire.
  • Les petits détenteurs peuvent déléguer leurs tokens au baker de leur choix qui utilisera les droits de baking de leurs tokens contre un pourcentage de la récompense.
  • Deux différents types d’adresses existent dans Tezos : les adresses de management qui ont un droit de dépense des XTZ, et les adresses de délégation qui sont dérivées de celles-ci, dont les fonds sont contrôlés par l’adresse de management mais les droits de baking et de votes peuvent être délégués à un service de délégation. Une caractéristique intéressante de ce système est la possibilité de participer au mécanisme de consensus/récompenses tout en gardant ses fonds en cold storage, via un Ledger Nano S.

Bakers et Endorsers

Alors que les bakers minent les blocs, les endorsers ont pour rôle de garantir la légitimité des blocs en apposant une signature sur les blocs dont ils sont responsables.

  • Les Bakers doivent mettre en séquestre un minimum de 512 XTZ/par bloc. S’ils se comportent de manière malhonnête (par exemple une tentative de double dépense), ils perdront ce séquestre. Ce mécanisme assure la sécurité du réseau.
  • Les Endorsers mettent 16 XTZ en séquestre. Il y a 32 Endorsers par bloc.
  • La récompense par bloc et de 16 XTZ pour les Bakers et 2 XTZ par Endorser.
  • La récompense maximale par bloc est donc actuellement de 80 XTZ.

Caractéristiques économiques

Avec la première version du protocole, une inflation de 5.5% est mise en place. En effet, à 80 XTZ par bloc et une minute par bloc, nous avons 80 x 60 mins x 24 heures x 365 jours d’XTZ créés par an (=42M). De plus, lors du lancement du betanet, 763M de XTZ était présent (lancement du genesis block). 42M / 763 M 5.51%

Si 100% des tokens participaient au processus de baking, alors chaque détenteur de token recevrait 5.5% plus de token sur une année. Dans la pratique les tokens peuvent être distribués à chaque cycle: tous les 3 jours. Cependant, il est peu probable que 100% participent au activités de baking (bien qu’aujourd’hui 98% des tokens activés le font), ce qui veut dire que la récompense sera probablement plus élevée par participant que 5.5% (Autour des 13% aujourd’hui – 28 juillet 2018).

Cette inflation de 5.5% s’appliquera aux récompenses aussi. Une diminution de l’inflation n’est donc pas prévue dans la première version du protocole.

Sécurité des smart contracts via la vérification formelle.

L’histoire des cryptoactifs nous a montré jusqu’à présent que si des montants importants d’actifs de valeur sont détenus dans un système, des “hackers” essaieront de trouver, et trouveront éventuellement, des vulnérabilités qui leur permettront de mettre leurs mains sur ces valeurs.

Afin d’anticiper des erreurs dans les smart contracts , l’équipe derrière Tezos a pris la décision de construire son protocole en Ocaml, un langage axé sur la sécurité en facilitant les opérations de vérifications formelles, une technique permettant de prouver mathématiquement l’exactitude de programmes informatiques. 

Les smart contracts sont écrit en Michelson, un langage Turing complete développé par l’équipe Tezos qui permet une vérification plus simple de la justesse des smart contracts.

Bien entendu, il ne s’agit pas d’une solution exhaustive pour la sécurisations des contrats, et les premières critiques contre ce choix sont qu’Ocaml est un langage méconnu du grand public et que Michelson n’est pas très accessible au commun des développeurs. L’équipe d’Ocaml Pro, en partenariat avec la Fondation Tezos, a cependant développé le langage Liquidity qui compile directement en Michelson, ce qui le rend bien plus facile d’utilisation, avec une courbe d’apprentissage plus rapide. Ocaml est aussi en train de se populariser avec des entreprises comme Facebook et Bloomberg qui l’utilisent pour certaines de leurs opérations critiques. Cliquez ici pour une overview rapide des caractéristiques d’Ocaml.

Tout cela ne veut pas dire qu’il est impossible de créer des langages facilitant la vérification formelle sur d’autres plateformes de smart contracts. Par exemple, des développeurs Ethereum sont actuellement en train de développer des outils prévus à cet effet.

Au sujet des protocoles de gouvernance auto-régulée

Au sein d’un mécanisme de Preuve d’Enjeu déléguée et de gouvernance auto-régulée, la distributions des tokens compte.

Des chiffres intéressants ont été publiés par la Fondation Tezos:

  • 30 317 portefeuilles ont été alimentés de 607 489 040.89 XTZ durant l’ICO
  • 3 156 502.85 XTZ ont été donnés aux investisseurs de première heure et partenaires.
  • 76 330 692.97 XTZ ont été créé pour la Fondation Tezos
  • 76 330 692.97 XTZ ont été créé pour Dynamic Ledger Solutions. Ceux-ci sont actuellement détenus par la Fondation Tezos et seront remis au fur et à mesure à DLS selon l’accomplissement d’étapes clés.

Le coefficient de Gini, qui est utilisé pour déterminer la distribution des richesses est de 0.878. (1 correspond à une seule entité qui détient l’intégralité des richesses, 0 correspond à une distribution égale entre toutes les entités). A titre de comparaison le coefficient de Gini de l’ICO d’Ethereum était de 0.832, celui de la richesse dans le monde est de 0.804 et celui des USA est de 0.801.

Afin d’illustrer ce chiffre, 90% des xtz étaient détenus par 20% des adresses lors de l’ICO, et 156 adresses détenaient 50% des fonds.

En quoi cela est-il important lorsque l’on parle d’un protocole capable d’auto-régulation via des tokens qui donnent des droits de vote?

La premier point est que la Fondation et DLS sont amenés à avoir un niveau de contrôle relativement important sur les amendements proposés en détenant plus de 20% des tokens à eux deux. Cela peut être vu comme une bonne chose car la mission même de ces entités est de promouvoir et améliorer le protocole. Cela veut aussi dire que les 80% restant ne sont pas répartis de manière très équitable, ce qui peut mener à une accumulation du pouvoir.

C’est une préoccupation importante. Vlad Zamfir, le développeur principal du mécanisme de Preuve d’Enjeu Casper, destiné à Ethereum, craint une “cartellisation” et l’avènement d’une ploutocratie sur les systèmes de Preuve d’Enjeu.

Comme bénéficiaires principaux, l’incentive économique reste pour les acteurs importants d’avoir un protocole prospère, mais il est compliqué d’anticiper la direction que le protocole prendra en leur pouvoir, et si leurs décisions n’iront pas à l’encontre des intérêts des petits détenteurs de tokens.

Cela dit, comme nous l’avons vu auparavant, les petits détenteurs de tokens peuvent déléguer leurs votes au service de leur choix et qui représente leurs intérêts. Il est très facile de changer de service de délégation, d’où le nom de « Liquid Proof-of-Stake ». Un contrepoids non négligeable.

Lancement du betanet

Après une année compliquée au niveau de la gouvernance du projet mais fructueuse dans les phases de test du protocole, Tezos a lancé son betanet, la dernière étape avant le mainnet, le premier juillet 2018. A ce jour, le 28 juillet 2018, le betanet se déroule sans à-coups, un premier mois rassurant lorsqu’on le compare au lancement plus tumultueux d’EOS.

D’un autre côté, une décision controversée et de dernière minute a été prise par la Fondation Tezos, qui a imposée un processus de KYC aux participants à l’ICO afin qu’ils puissent récupérer l’accès à leurs fonds. Certains voient cela comme une mesure de prévention pour les régulations à venir, et d’autres comme une action qui va à l’encontre de la philosophie portée par les cryptoactifs.

Une autre décision de dernière minute a été d’annuler un droit de veto que s’était accordée la Fondation sur l’approbation des amendements la première année. Cela semble lié à l’annonce récente de la SEC qui met l’accent sur la décentralisation comme métrique clé afin de juger si un actif cryptographique peut être considéré comme une sécurité et sujet à des régulations plus fortes.

Il sera intéressant de voir comment les premiers smart contracts se comportent sur Tezos, alors que nous attendons toujours la simple possibilité de les créer chez Cardano, son compétiteur le plus proche. Quant à Ethereum, les deux architectures semble suffisamment éloignées pour attirer différents types de projets. Seul le futur nous le dira.

Un grand merci à Arthur Breitman et la communauté Tezos pour les corrections et clarifications.

Suite à notre exploration de Tezos, nous avons décidé de commencer à vendre le Token XTZ au Coinhouse Store. Celui-ci est disponible à l’achat et à la vente hors-ligne et le sera prochainement en ligne.

Sources:
https://tezos.com/static/papers/white_paper.pdf